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Trouver un appartement quand on est freelance est un véritable parcours du combattant !

Arrivée depuis peu dans notre belle capitale pour rencontrer mes prospects et mes clients, je pensais trouver un logement sans trop de difficultés, étant données des ressources d’années précédentes prouvant ma solvabilité. Mais j’ai quand même bien galéré !

Je me posais la question de prendre une mission longue, voire un CDI cool mais j’ai eu de l’urticaire rien qu’à lire la liste de documents à fournir pour avoir un logement. J’ai décidé de rester indépendante et – puisque mon dossier ne passait nul part j’hésitais à repartir.

Finalement, j’ai trouvé grâce à une agence (Century 21 – Arts et Métiers 💙) qui m’a donné ma chance (et à un colocataire qui a accepté de prendre le risque de re-partir à la recherche de quelqu’un si mon dossier ne passait pas). Merci merci merci aux belles rencontres 🙏

Mais, depuis cette expérience, une question centrale me trotte dans l’esprit 🤓

Pourquoi c’est si difficile de trouver un logement quand on a pas de CDI ? 

  • Les propriétaires ont peur de l’irrégularité des revenus, et donc de faire face à des impayés ;
  • Les assurances loyers impayés (appelées GLI dans le jargon immobilier – Garantie Loyers Impayés) ne protègent que deux types de locataires : les salariés en CDI (hors période d’essai) et les étudiants avec garants. C’est tout. Tous les propriétaires n’ont pas recours à cette assurance, car elle est en pratique difficile à mettre en oeuvre.
  • La crise du logement qui fait que la demande est bien supérieure à l’offre dans certaines villes, et que les propriétaires ont le choix ! Ils prennent donc les “meilleurs” locataires à leurs yeux. Le salariat, c’est l’assurance d’une stabilité financière mais aussi géographique (rester plus longtemps dans le logement car l’emploi est fixe).

Cependant, il est tout à fait possible de trouver un appartement quand on est freelance. Il faut juste nager à contre-courant et faire sa recherche différemment pour ne pas entrer en concurrence avec les détenteurs de CDI, chouchous du marché de l’immobilier.

Voici quelques astuces pour t’en sortir ! Promets-moi que si ça fonctionne, tu m’inviteras à la crémaillère 😆🍾

 

#1 : Utilise le portage salarial pour ton prochain contrat long

 

Si tu as une mission longue, propose à ton client d’utiliser le portage salarial. Cela ne change rien pour lui !

Les sociétés de portage salarial sont des intermédiaires qui signent un contrat avec ton client final, et qui signent un contrat de travail avec toi (CDD ou CDI).

En échange, ces structures se rémunèrent à hauteur de 50-55% du montant total du contrat. Cela inclus aussi toutes les cotisations patronales et sociales habituellement prélevées sur un salaire. Tu percevras donc un salaire net avec des fiches de paie. Tu cotiseras comme un salarié ! Tout est pareil.

Il existe aussi des coopératives d’activité et d’emploi. Elles ont le même mode de fonctionnement, mais sont issues de l’économie sociale et solidaire (tu peux devenir actionnaire de la structure). Elles prennent aussi beaucoup plus de temps à t’intégrer et à faire des contrats. Si tu es pressé, le portage salarial sera la meilleure méthode (avec un contrat, tu peux signer pratiquement du jour au lendemain) !

Voici quelques exemples de sociétés de portage / CAE : OpenWorks (portage – frais plafonnés à 600€, avec une calculatrice en ligne pour vérifier le montant total des charges / le net perçu), ITG (leader du portage salarial) ou encore Coopetic (CAE – coopérative).

 

#2 : Passe par la sous-location pour te loger en attendant

 

La sous-location, kézako ? Cela signifie qu’une personne est déjà sur le bail – mais qu’elle te laisse louer le bien à prix coûtant – par exemple lors d’un déplacement pro ou d’un voyage.

Sous-location ne veut pas dire court terme : il y a des locataires qui partent en séjour d’étude à l’étranger, par exemple, ou des professionnels qui se rendent en formation. J’ai vu des annonces sur 6 mois ou 1 an !

Sous-location ne veut pas dire contrat illégal : pour que ce soit dans les règles, il faut que le propriétaire donne son accord, et que le montant du loyer soit le même (le locataire ne peut pas s’enrichir / générer un profit en faisant de la sous-location).

Tu peux faire des recherches sur les sites de petites annonces dans l’immobilier avec le terme “sous-location” : pap.fr, seloger.com, leboncoin.fr … Pense à créer des alertes avec les mots clefs qui t’intéressent.

 

#3 : Négocie en direct avec le propriétaire

 

Avec un particulier en direct, il est beaucoup plus facile de négocier. Tu auras toutes tes chances et il suffit de faire bonne impression pour obtenir le logement.

Tu peux, par exemple, proposer un garant pour rassurer le propriétaire – même s’il pensait souscrire à une assurance loyers impayés.

Où les trouver ? Sur les sites de petites annonces, les groupes facebook, le bouche-à-oreille (en demandant à son réseau) …

À noter que certaines agences ont un mode de fonctionnement familial, et peuvent transmettre des dossiers atypiques aux propriétaires. Elles ne sont donc pas à exclure totalement !

 

#4 : Pense à la colocation pour augmenter tes chances de réussite

 

Comme les colocations ne sont pas faciles à assurer, elles sont plus faciles à intégrer pour des freelances. Autre point : il y a – en général – un engagement financier des locataires qui se portent caution les uns pour les autres.

Rejoindre une colocation de salariés n’est donc pas très compliqué. Attention toutefois : tu seras aussi garant de la totalité des loyers. Cette garantie cesse 3 mois après la fin de ton bail.

Grosso-modo, si tes colocataires décident de ne pas payer le loyer et que tu envoies un courrier pour résilier ton bail, tu seras encore tenu de payer les loyers complets pendant 3 mois après ton départ. MAIS cela s’applique lorsqu’il y a une décision de justice. 

Pour trouver une colocation, rien de plus simple. J’aime beaucoup le site “La Carte des colocs” grâce auquel j’ai déjà trouvé 3 logements. La startup Chez Nestor propose aussi des colocations meublées, un peu chère mais les freelances sont les bienvenus !

 

#5 : Rejoins un co-living : c’est l’option idéale pour trouver un appartement quand on est freelance !

 

Le co-living, c’est la grande mode du moment. Le concept ? Des logements partagés dans les grandes villes avec des espaces de co-working intégrés ! 

On peut notamment citer :

C’est aussi une belle option si tu es digital nomad et que tu recherches ta prochaine destination ! Il y a notamment SunAndCo en Espagne, SunDesk au Maroc ou encore Camp 308 à Bali. Le site Outside.co propose une liste d’espaces partout dans le monde (Alpes, Californie, Portugal…) !

Attention : les disponibilités sont – en général – limitées et il faut s’y prendre avec un peu d’avance pour espérer tomber sur un studio / une chambre à coup sûr !

 

#6 : Négocie du long terme sur Airbnb

 

N’hésite pas à prendre contact avec les propriétaires de biens postés sur Airbnb (via la messagerie intégrée à l’application). Pour cela, assure-toi que la période qui t’intéresse soit disponible.

Cette stratégie ne fonctionne pas à tous les coups, mais tu peux demander une réduction en échange d’une location longue durée. En période creuse, et en t’éloignant un peu des villes fortement peuplées, tu devrais trouver de bons deals.

L’avantage avec Airbnb, c’est que les loyers sont payés à l’avance. Il n’y a donc pas de risques d’impayés, mais tu devras verser la totalité de la location avant ton arrivée. Si tu restes plusieurs mois, cela peut piquer !

 

#7 : Monte un dossier en béton

 

Fais un dossier numérique et imprime plusieurs exemplaires de celui-ci !

Pense à inclure – lorsqu’applicable : 

  • tes 2 ou 3 derniers avis d’imposition, qui montrent que tu avais des revenus ;
  • tes quittances de loyer pour ton ancien logement, ou une attestation d’hébergement sur l’honneur ;
  • un avis de répertoire sirene ou un Kbis pour prouver ton activité ;
  • ton bilan (si tu as une société) ;
  • d’éventuels contrats longs que tu as signé dans les 12 mois précédents (tes revenus estimés pour l’année) ;
  • si tu as un garant, tous les documents le concernant ;
  • une pièce d’identité.

Si ton dossier est prêt, tu seras très réactif et ta rapidité pourrait faire toute la différence.

 

#8 : Avoir un garant augmente les chances de trouver un appartement quand on est freelance

 

Lorsque les propriétaires n’ont pas d’assurance-garantie loyers impayés, il est courant qu’ils demandent un garant (se portant caution pour le paiement du loyer).

Cette personne doit gagner au moins 3x le montant du loyer, chaque mois, et bénéficier d’une source stable de revenus (CDI, retraite…). En général, ce sont des membres de la famille qui se portent garants.

Cependant, nous n’avons pas tous la chance de pouvoir compter sur des proches. Dans ce cas, des assurances privées peuvent prendre le relai, moyennant paiement. C’est un peu cher (100€/mois en moyenne pour un studio à Paris) mais ça peut dépanner. La mutuelle WeMind propose ce service.

Des banques peuvent aussi proposer de bloquer une année de loyers via un mécanisme appelé “nantissement“. Il faut avoir des économies de côté, mais c’est très rassurant pour le propriétaire.

La Loi Boutin de 2009 – censée protéger les locataires les plus vulnérables – a un effet pervers qui affecte directement les indépendants. Depuis cette loi, les assurances ont l’interdiction formelle de demander des garants, sauf pour les étudiants. Par conséquent, les agences et propriétaires passant par une GLI (garantie loyers impayés) voudront un dossier rentrant dans les cases (CDI hors période d’essai dont le net représente 3x le montant du loyer, ou étudiant avec garants). 

#9 : Sollicite les réseaux sociaux

 

Ton propre réseau (amis, connaissances, milieu professionnel “ah, au fait, je cherche un apaprt”) et les groupes sont très larges : Wanted, etc…

Pense à poster – sur tes réseaux sociaux personnels – que tu es à la recherche d’un appartement.

C’est comme ça que tu pourras trouver des pépites : des connaissances louant un bien, des amis quittant leurs logements et qui pourraient proposer ton dossier au propriétaire … 

Tu peux aussi te rapprocher des groupes sur Facebook, tels que Wanted. Pense à chercher “logement” ou “colocation” dans la barre de recherche de Facebook, puis à ajouter le nom de ta ville. Attention aux arnaques et publicités de plateformes payantes (peu efficaces) qui pullulent sur ces groupes.

 

#10 : Change le périmètre géographique de ta recherche

 

S’éloigner, c’est bien souvent augmenter ses chances de trouver un logement malgré l’absence d’un CDI.

Certes, ce n’est pas la meilleure des options si tu as envie de vivre en centre ville. Mais si tu es en télétravail souvent, ou alors que tu as des horaires décalés (pour éviter les embouteillages et heures de pointe dans les transports), cela peut être un style de vie très agréable.

 

#11 : Fais confiance aux agences pour trouver rapidement

 

Les agences immobilières connaissent très bien les appartements disponibles ! Elles pourront t’indiquer de suite si elles ont des logements pour lesquels ton dossier pourrait passer.

Celles qui fonctionnent en franchise pourront aussi t’aider à étendre tes recherches si ta zone de prédilection est hors de portée pour l’instant. En effet, les agences nationales ont un beau réseau de biens en gestion et elles pourront t’indiquer ceux difficiles à louer (pour lesquels les propriétaires seront plus ouverts).

 

Les mauvaises idées pour trouver un logement quand on est freelance …

 

Tu es à bout, car tu n’arrives pas à trouver de logement sans CDI ? Surtout, garde-toi de faire les choses suivantes :

  • les fausses fiches de paie. Les faux dossiers et CDI ont le vent en poupe. Attention cependant : si la vérité est découverte, tu risques – au mieux – de ne pas avoir l’appartement ou une rupture de ton bail (après signature) et – au pire – 45 000€ d’amende et 3 ans de prison. C’est en effet une affaire qui se règle au pénal, même si les juges sont en général cléments sur ce sujet.
  • payer une tonne de loyers d’avance. Cette trésorerie, tu en auras peut-être besoin dans ta vie de freelance. Et cela donne de mauvaises habitudes aux bailleurs.
  • demander à un proche de signer un bail – en son nom – pour toi. Là encore, c’est pas vraiment le bail de départ, tu risques de te faire virer comme un malpropre. Mais ce proche peut devenir un garant !
  • de faire une lettre de rupture du bail en “avance” – sans date – que le propriétaire pourra envoyer en cas d’impayés.

 

Et l’achat dans tout ça ?

 

A-t’on le droit de rêver de devenir propriétaire lorsque l’on est freelance ?

Oui, c’est possible mais il faudra certainement s’armer de patience ! Rappelle-toi que la banque n’a qu’une seule obsession : diminuer les risques lorsqu’elle prête à des particuliers. Tu dois montrer que ta situation financière est stable et que tu seras capable d’honorer les mensualités du prêt immobilier pour les décennies à venir !

Voici quelques stratégies qui pourraient te filer un coup de pouce :

  • Si c’est possible, demande à tes parents de s’engager sur le prêt ;
  • Si tu as des économies, propose d’immobiliser ton épargne sur un compte bloqué pendant toute la durée du prêt. Cela s’appelle un nantissement. Les banques l’utiliseront comme garantie. Attention, parfois elles demandent l’équivalent de plusieurs années de mensualités. Tu peux tout à fait mettre cet argent sur une assurance vie dont l’intérêt est supérieur – en ce moment – au taux du crédit immobilier ;
  • Si tu as un bon dossier, fais le tour des banques ! En général, 3 bilans ou 3 années d’activités fructueuses seront rassurantes pour l’établissement qui étudiera ton dossier. Le prêt ne peut pas représenter plus de 33% de tes revenus mensuels. Une moyenne de ton CA des années précédentes sera donc réalisée.
  • Si tu as des missions longues, rejoins une société de portage salarial ou une CAE (coopérative d’activité et d’emploi) qui pourra te signer un CDI. Ni vu, ni connu ! Tu auras le même dossier qu’un salarié en CDI traditionnel.

Avant de t’engager dans un tel achat, réfléchis bien à ta capacité d’endettement. Songe à mettre de côté quelques économies. Un crédit est une sacrée charge mentale pour un entrepreneur dont les revenus mensuels sont variables. Si ton activité n’est pas encore stable, attends un peu ✨

Pour résumer, voici un rappel des 10 astuces pour trouver un appartement quand on est freelance :

 

Utilise une ou plusieurs des techniques ci-dessous pour augmenter tes chances d’obtenir le logement de tes rêves !

✅  Transforme une mission longue en CDI grâce au portage salarial ;

✅ Opte pour la sous-location en attendant d’être accepté pour un bail à ton nom ;

✅ Signe avec un propriétaire particulier en direct ;

✅ Rejoins une colocation déjà en place ;

✅ Fais l’expérience du co-living, nouvelle tendance pour les freelances nomades ;

✅ Négocie un tarif “long terme” avec des propriétaires sur Airbnb ;

✅ Monte un dossier en béton ;

✅ Trouve un garant (personne physique ou morale) ;

✅ Utilise les réseaux sociaux ;

✅ Élargis ton périmètre de recherche pour une zone géographique moins compétitive (éloignée des centres de villes).

Ayant eu une vingtaine de logements durant cette dernière décennie, je suis devenue la pro des déménagements, et donc des recherches de logements à court et long terme – en France et à l’étranger. Mon plus grand conseil ? Fuis les annonces pour lesquelles tu n’as aucune chance.

Adieux, longues files d’attentes pour logements parisiens fraîchement publiés sur Le Bon Coin ! Adieux, annonces d’agences avec assurances loyers impayés si tu n’as pas de CDI !

Tu l’auras certainement remarqué : les gens n’aiment pas se compliquer la vie. Et – dans le monde de l’immobilier – freelance = compliqué.

Par contre, si tu concentre ton énergie sur les bonnes stratégies, telles celles évoquées dans cet article, tu as toutes tes chances pour trouver ton prochain petit nid douillet.

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