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Je me pose la question chaque jour, depuis deux bonnes semaines. Dois-je reprendre un job ? (Re)devenir salariée après autant de liberté, c’est possible ?

C’est d’autant plus difficile que depuis que j’ai créé du contenu et publié un livre, les opportunités me tombent dans les bras (*humble brag*). Et elles sont toutes ultra-intéressantes, dans le secteur de l’économie freelance / du futur du travail of course.

J’ai pris le temps de la réflexion. Update – en février 2022, j’ai accepté une mission freelance de consultante, à temps plein, avec SafetyWing (qui propose entre autre Nomad Insurance, une assurance voyage santé pour nomades / voyageurs fréquents). C’était l’opportunité dont je rêvais depuis des années (il s’est passé 2 ans entre la première version de cet article et ce contrat).

J’ai décidé de te partager mon processus de décision, car je sais que de nombreux indépendants vivent la même situation. Si tu hésites également, j’espère que mon article te permettra de faire un choix aligné.

Allez, c’est parti !

Adulting is hard – trop de choix, c’est à la fois un bon et un mauvais problème ! 

J’adore ma vie d’indépendante, mais après 8 ans d’entrepreneuriat / de freelancing, j’ai noté les désagréments suivants :

  • je progressais moins dans mon domaine d’expertise.

En effet, je passe une grande partie de mon temps à gérer mon effort commercial (dont ce blog) et ma comptabilité. Finalement, je vise 100 jours facturés par an. Le reste du temps, c’est de la gestion et de la vente.

Pourtant, j’ai envie de gagner en compétence dans pleins de domaines : la gestion d’équipes, la création de partenariats, la mise en place d’indicateurs de performances et leur analyse…

En bref, j’avais aussi envie de rejoindre une équipe et un projet ambitieux, et de participer à son décollage.

Quand je suis tombée sur une annonce de SafetyWing – une startup norvégienne et américaine en train de construire un pays sur internet (rien que ça) et un filet de sécurité international (assurance santé, retraite, prévoyance …), j’ai su que j’avais trouvé LA mission de rêve. Je suis Directrice des partenariats (100% remote et en free) et je continues La Minute Freelance à côté, à mon rythme. Je suis comblée 🙂 

  • j’avais moins d’impact en tant qu’indépendante qu’en tant que salariée

Je n’ai jamais eu l’ambition de transformer ce blog / mon activité de formation en startup. J’aime bien ce petit business à taille humaine. J’adore aider la communauté à trouver des missions en freelance, que ce soit grâce aux contenus gratuits ou payants.

Mais – on ne va pas se mentir. Il y a beaucoup plus d’impact à rejoindre une entreprise avec une mission à grande échelle. Société de recrutement, plateforme pour indépendants, institution préparant le futur du travail … j’avais des idées de ce que je voulais faire. Ma mission a toujours été de faciliter la liberté pour tous. 

Rejoindre une équipe, c’est contribuer à un effort qui sera décuplé de part la diversité des talents en interne. Pour moi, c’était la garantie d’aider le plus de personnes possibles, alors je ne m’en suis pas privée.

  • je n’avais pas de mentors dans mon secteur d’activité.

Alors, bien entendu, en tant qu’adepte du coaching, je suis bien entourée. J’ai aussi des amis freelances qui m’aident à y voir plus clair. Mais, lorsqu’on rejoint une entreprise, un mentorat naturel et bienveillant se produit – quand on a de la chance (ou qu’on choisit bien). C’est une excellente façon de progresser dans son Art en ayant des retours constructifs et continus.

Je rêvais d’un cadre de travail stimulant, avec des collègues brillants – venant de tous les horizons.

Aujourd’hui, je suis en échanges quotidiens avec Ines – ma super manager – et Sondre, le CEO de SafetyWing. J’apprends au quotidien à leurs côtés.

  • la charge mentale était devenue difficile.

J’en parlais avec ma coach lorsque j’ai remis en question ma vie pro, en 2020. Rien n’était stable dans ma vie : sans domicile fixe (nomade), je vogue d’un logement à l’autre. En tant que freelance sur de petites missions, je jonglais entre les contrats. Je devais toujours penser la suite, parfois gérer le passé et essayer tant bien que mal de profiter des réussites au présent !

Après 8 ans, j’étais un peu fatiguée de toujours devoir penser à tout. Je voulais me reposer sur un système déjà bien en place et avoir un cadre clair et précis pour mon travail. Des objectifs. Des indicateurs de ma performance. Des points régulièrement pour savoir si j’avance dans la bonne direction. Une validation externe de la bonne qualité de mon travail (oui, oui, c’est pas nécessaire mais ça fait du bien).

  • j’étais en manque d’esprit d’équipe. 

À la base, si j’ai démarré ce blog, c’était pour retrouver le sentiment d’une communauté. J’ai la chance d’avoir des clients au top (pour mon activité de formatrice), des amis incroyables, et des co-workers de folie. Mais – au quotidien – j’avais l’impression de ne plus avoir de sentiment d’appartenance à quoi que ce soit au niveau professionnel.

J’avais bien envie d’avoir une team partageant de mêmes objectifs. Et – mine de rien – papoter de tout et de rien à la machine à café me manquait vraiment. Je peux retrouver ça dans des lieux de co-working lors de mes aventures nomades, mais j’avais bien envie de régularité dans mes échanges professionnels.

Lorsque j’ai rejoins l’équipe de SafetyWing, j’ai instantanément rejoins une équipe de +150 personnes partout autour du monde. Je rencontre mes collègues plusieurs fois par an. Par exemple, en mars, nous sommes allés au Mexique tous ensemble pour un séminaire parfait. D’ailleurs, SafetyWing recrute. Pour voir les rôles disponibles, c’est par ici (il faut être anglophone, of course).  

Photo de ma première rencontre avec l’équipe de SafetyWing lors du séminaire d’entreprise annuel au Mexique. Crédit photo : Barbara Jovanovic

 Plutôt que le salariat – pourquoi pas une mission longue ?

 

Bien entendu, tous ces points pourraient être résolus avec une mission longue, voire très longue. Mais est-ce bien pertinent ?

J’ai rencontré des freelances qui travaillent en clientèle, aux mêmes horaires de bureau que les collègues salariés, au même endroit (zéro télétravail) et pendant des mois, voire des années. Dans ce cas, le seul avantage c’est d’être mieux rémunéré qu’un salarié au même poste.

Quand j’ai choisi ma mission longue, c’était important pour moi d’avoir des horaires libres, des vacances quand je voulais et de pouvoir continuer à avoir d’autres clients. J’ai étendu ma recherche au monde anglo-saxon parce que le marché du recrutement est global! Et je suis tombée sur cette mission longue qui me passionne. 

Finalement, je reste « freelance » sur le papier mais dans les faits, j’ai une opportunité full-time dans laquelle j’espère rester le plus longtemps possible 😉

 

Envie de (re)devenir salarié ? Voici comment organiser ta recherche …

 

Tout d’abord, fais un point sur tes valeurs, tes envies et tes besoins.

Il faudra certainement faire un arbitrage entre ce que tu souhaites, et la réalité du marché. Pense donc à faire une liste par ordre de priorité !

Puis, pars à la recherche d’employeurs comme tu le ferais pour trouver des clients !

  • Parcours les sites d’annonces pour l’emploi et réseaux sociaux professionnels à la recherche d’opportunités ;
  • Indique à ton réseau que tu es ouvert à un CDI / CDD / à une mission longue durée ;
  • Pense à refaire un modèle de CV au propre (tu devras forcément l’adapter d’une candidature à l’autre. Pars sur une base facilement et rapidement modifiable).

Trouver un job n’est pas une affaire facile. Si tu as d’anciens clients à la recherche de collaborateurs, cela peut être une excellente porte d’entrée dans le monde du salariat. Ils te font déjà confiance, ils sauront forcément te trouver une petite place.

Enfin, n’oublies pas les jobs 100% à distance. J’en parle dans mon article sur le nomadisme digital. C’est l’occasion parfaite de garder ta liberté tout en ayant le confort d’un revenu régulier. Mais si la solitude te pèse, il faudra te poser dans un co-working régulier pour re-créer ce sentiment d’équipe au quotidien.

 

Les risques à (re)devenir salarié après avoir été à son compte

L’herbe n’est pas plus verte dans le champ d’à côté ! En (re)devenant salarié, tu vas certes bénéficier de certains avantages, mais tu vas peut-être y perdre au change.

 

Voici une liste de ce qui pourrait changer pour toi avec le salariat :

  • tu vas (peut-être) être moins bien payé. Si tu gagnes plus, c’est simplement que tu avais mal calculé ton TJM ou que tu n’as pas su te vendre !
  • tu vas (peut-être) perdre en liberté. Mais ce n’est pas une obligation. De plus en plus d’entreprises permettent à leurs salariés de travailler en mode autonome (squad methodology), en mode projet, en télétravail et de façon asynchrone / horaires flexibles. À toi de cibler tes recherches vers un environnement qui te convient !
  • tes collègues pourraient être difficiles. Il y a un sacré paquet de planqués dans le monde du salariat. Forcément, ce type de comportement est impossible lorsqu’on travaille à son compte. Pas d’efforts, pas de revenus. Mais dans certaines entreprises, l’incompétence peut passer inaperçue, puisqu’il y aura d’autres personnes pour faire le travail. Sans compter les collègues toxiques, ronchons, peu volontaires, blasés, négatifs …. une fois encore, à toi de cibler un contexte agréable. Le minimum, c’est de rencontrer l’équipe et de passer une journée ou deux à travailler dans leurs locaux.
  • tu vas peut-être t’ennuyer. Le temps de l’entreprise est souvent plus long. Il faudra beaucoup plus de temps pour mettre une action en place, puisqu’il y aura divers niveaux de décisionnaires. Cela ne veut pas dire que tu ne sera pas occupé. Mais l’ennui ne rime pas avec inactivité.

Voilà donc un panel des réjouissances qui pourraient constituer ton quotidien dans un nouveau job. Mais ce n’est ni une obligation, ni une fatalité. Rappelle-toi : tu as le choix !

 

Comment savoir s’il est temps de (re)devenir salarié, pour un jour ou pour toujours ?

 

Voici quelques signes qu’un emploi te ferait le plus grand bien :

  • tu n’as plus le feu sacré pour ton business. Tu as envie de passer à autre chose. Rien de tel qu’une bonne page blanche, des vacances puis un nouveau job pour reprendre un nouveau souffle et remordre la vie à pleines dents.
  • tu as besoin d’argent car ton projet ne décolle pas. Tu pourras peut-être continuer à le développer à côté – à condition que cela soit compatible avec ton contrat de travail (et oui, il faudra peut-être demander l’autorisation) ! Ça sera aussi l’occasion d’essayer de comprendre ce qui a pêché dans ton projet. Pourquoi n’a-t’il pas fonctionné ? Cette réflexion te donnera de l’élan lors de ta prochaine aventure indépendante.
  • tu as envie d’évoluer dans ta vie professionnelle. Cela peut passer, par exemple, par un poste « senior », le management d’une équipe, l’utilisation de nouvelles technologies ou méthodes.
  • tu as un projet personnel qui requiert des revenus plus stables. Tu veux peut-être devenir parent, acheter un logement, ou préparer un tour du monde dans les années à venir. Dans ce cas, il est souhaitable d’avoir une meilleure régularité de revenus. Dans certains cas, cela sera possible en freelance.
  • tu as envie de te joindre à une équipe. Dans ce cas, il y a les collectifs. Mais cela ne suffira peut-être pas ! En redevenant salarié, tu pourras te greffer à des projets et à des teams existantes. Pour le meilleur ou pour le pire. Prends du temps pour analyser l’environnement de travail avant de t’engager dans un job !
  • tu as eu le coup de coeur pour un (ou plusieurs) job(s). Tu rêves des missions proposées par cette boite. Tu penses que cette opportunité va booster ta carrière et tu arrives à te projeter au sein de cette entreprise. Dans ce cas, fonce !
  • tu es épuisé par l’entrepreneuriat. Attention toutefois à distinguer une simple fatigue liée à la charge mentale de causes plus graves telles qu’une dépression ou un burnout. Pense à te faire accompagner par un professionnel de la santé si tu n’as vraiment pas la forme.

 

Quelques sagesses si tu doutes encore …

 

Voici des phrases qui pourront te remonter le moral, si tu n’arrives pas à te décider :

  • Aucun choix n’est définitif. Si tu restes freelance, tu pourras toujours (re)trouver un job de rêve. Si tu fais le choix de (re)devenir salarié, tu pourras toujours quitter ton emploi – dans un futur proche ou lointain, pour t’installer à ton compte, monter une boîte ou devenir agriculteur dans la creuse !
  • Tu as le droit de te tromper. En travail, à Trivial Pursuit, en amour … c’est la même règle. L’erreur est humaine. La période d’essai existe pour cela. Tu peux toujours essayer un job, puis partir s’il ne répond pas à tes attentes. Même si c’est toujours mieux – niveau logistique – de faire des recherches en amont pour réduire ce risque.
  • Le monde du travail change. Les tendances pour l’emploi le montrent, chaque année. Nos aïeux ont fait la même chose toute leur vie. Notre carrière sera bien différente. Selon l’OCDE, le marché de l’emploi sera très différent d’ici 20 ans : 14% des jobs existants auront certainement disparu, et 38% seront radicalement transformés. Grosso-modo, ça veut dire que la moitié d’entre nous devra faire autre chose ! Donc sit back and relax … si tu es un jeune padawan à 30 ou 40 ans de l’âge de la retraite (comme moi), de toute façon, tu devras faire pleins de métiers dans ta vie. Aucun recruteur ne te reprochera d’avoir eu des expériences variées, bien au contraire. La rigidité d’antan – censée privilégier la loyauté d’un employé à son entreprise – n’a plus lieu d’être ! 

 

👇 Alors, est-ce que tu vas rester freelance ou est-ce que tu vas trouver un job / une mission full-time (très) longue ? Dis-moi tout dans les commentaires. 👇 

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