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Pour cet article, j’ai demandé à Sylvain Coulomb – développeur freelance, investisseur aguerri et auteur du blog Millenial-Indépendant.com – de nous partager la stratégie idéale pour un indépendant soucieux d’optimiser ses finances personnelles.

Bien entendu : petit disclaimer – cet article est partagé à but informatif et ne remplace pas les conseils d’un professionnel.

Merci à Sylvain d’avoir accepté de jouer le jeu ! J’ai beaucoup appris et j’espère que vous aussi ✨

Le B.A.-Ba des finances personnelles du freelance

Pour beaucoup, le passage du salariat au statut de freelance a été un regain de liberté. Le choix de ses missions, plus de possibilité dans la manière d’organiser son travail, et dans la majorité des cas, plus d’argent.

Mais sans une bonne gestion de ses finances personnelles, ce gain de liberté et d’indépendance peut très vite se transformer en enfer. Alors voici un aperçu de ce qu’il faut savoir en matière de finances personnelles et d’intelligence financière pour avoir de bonnes bases.

Pourquoi s’occuper de ses finances personnelles ?

J’ai toujours été étonné de voir que si peu de personnes faisaient l’effort d’améliorer leur gestion de l’argent, alors que j’ai toujours été intrigué par ce sujet. Cela m’a d’autant plus frappé quand, étant moi-même freelance, je me suis rendu compte que beaucoup de jeunes entrepreneurs n’avaient pas les bases des connaissances nécessaires.

Bien que la gestion de ses finances concerne tout le monde, elle est d’autant plus importante pour les indépendants. En particulier pour les raisons suivantes :

Les aléas de l’instabilité fiscale de la France

Les lois régissant les statuts des entreprises (mais pas seulement) ont tendance à beaucoup bouger. Comme si en France nous avions une certaine instabilité des lois fiscales. J’en prends pour exemple les nombreuses réformes depuis 2018 sur le statut de la micro-entreprise et de l’Acre. Vous aurez déjà probablement assez à faire avec la gestion de votre boite pour qu’en plus cela vous impacte sur vos finances personnelles.

Des incertitudes sur l’avenir

On le sait en tant que freelance, on ne compte pas sur le chômage. Mais en réalité, on compte sur peu de choses. Il faut être capable de se protéger en cas de coup dur. Même si aujourd’hui des solutions de prévoyances pour les freelances semblent exister comme WeMind, il est probablement « optimiste » de penser que ses solutions suffisent.

Et que dire de la retraite ? Au final, que ça soit la formule actuelle ou le projet prévu avec la prochaine réforme des retraites, il est aujourd’hui difficile d’être serein sur ce sujet quand on est freelance. Et cela même quand on gagne bien sa vie. De plus, même si ce placement est très loin d’être idéal, vous ne pouvez pas bénéficier de l’abonnement par une entreprise dans un Plan d’épargne retraite (PER).

En clair, vous devez vous préparer pour faire face aux incertitudes de l’avenir. Et pour cela, rien de mieux qu’une bonne gestion de ses finances personnelles et d’une bonne routine d’investissement régulière pour être plus serein en cas du coup dur et arrivé plus d’étendue à l’âge de la retraite.

Ce que permet une meilleure gestion de ses finances personnelles

Mais améliorer vos finances peut aussi vous permettre :

  • D’avoir une plus grande tranquillité d’esprit. Rien de tel que de savoir qu’en cas de crise économique (comme en ce moment), il y a suffisamment d’argent sur ses comptes pour permettre de tenir plusieurs mois sans revenus.

  • De posséder un meilleur dossier bancaire. Combien de fois ai-je entendu qu’il n’était pas possible d’emprunter en freelance pour acheter un bien immobilier ? C’est possible. Tout repose sur la qualité du dossier. Et pour ça, il faut une gestion de compte irréprochable.
  • D’avoir plus de sous. Parce que vous aurez moins de dépenses inutiles, une meilleure intelligence financière et tout simplement des revenus de vos investissements. Et puis… c’est simplement le but de la démarche.
  • D’être mieux préparé face à l’avenir pour vous et vos proches. Si vous avez (bien) investi, vous savez qu’en cas de coup dur vous avez un « quelque chose » qui vous générera des revenus. Et si jamais, le pire vous arriverez, vos proches bénéficieront du fruit de vos investissements.

Le plan d’action pour reprendre en main ses finances personnelles

Voici donc un plan d’action à suivre pour améliorer ses finances personnelles ainsi que quelques tips et conseils. Si vous le suivez, vous devriez avoir une bonne base.

1) Réduire les frais bancaires

Les banques physiques facturent des petits frais sur tous leurs services qui au final s’ajoutent pour former des montants non négligeables. Frais de tenue de compte, frais de carte bancaire, accès à internet (sérieusement, certaines banques facturent encore cette prestation).

Ce n’est plus un secret aujourd’hui que les banques en lignes sont moins chères. Il est plus pertinent d’ouvrir un compte dans une banque en ligne pour diminuer ses frais bancaires divers et pour ouvrir la plupart de ses placements.

2) Se constituer une épargne de précaution

Vous devez toujours garder une épargne de précaution sur un compte facilement accessible. On conseille en général 3 à 6 mois de dépenses. Pour les indépendants, je conseillerai plutôt 6 que 3.

Évidemment, ce chiffre est à moduler selon votre situation et votre tranquillité d’esprit. Cette épargne de précaution peut être stockée sur un livret A ou sur une assurance vie en fonds euros. Pour ma part, je recommande le livret A, plus facile d’accès.

Cependant, sachez que si vous avez un livret A qui a atteint son plafond (donc 22 950 €), vous faites probablement fausse route. Ne surdimensionnez pas votre épargne de précaution. Investissez-le surplus.

3) Rembourser les emprunts toxiques

Tous les crédits ne se valent pas. Il y a de la bonne dette et de la mauvaise dette.

S’endetter pour s’enrichir c’est de la bonne dette – mais dans la majorité des autres cas, c’est de la mauvaise dette qu’il vaudrait mieux éviter.

Évidemment, peu de personnes peuvent s’acheter une voiture « cash », mais si vous devez avoir recours à un crédit à la consommation : essayer d’emprunter le plus petit montant possible au taux le plus bas sur une durée courte.

Si vous avez contracté des emprunts bancaires à taux important (plus de 2% 2,5%), vous devez essayer de les rembourser en priorité. Si vous êtes adepte des emprunts pour vous acheter une nouvelle télé, partir en voyage ou je ne sais quoi d’autre : je suis navré de vous dire qu’il faudrait penser à arrêter.

4) Investir pour le long terme

OK, une fois que vous avez assaini vos comptes, c’est le moment où vous allez pouvoir investir à long terme. Pourquoi investir et ne pas garder ses euros bien au chaud sur un livret A, un compte sur livret, ou, comme j’entends beaucoup, sur un PEL ?

Comprendre le mécanisme de l’inflation

L’inflation peut se traduire simplement par une hausse des prix et donc une dépréciation de la valeur de la monnaie. Ce qui veut dire que si vous laissez votre argent sur un compte courant qui ne vous rapporte rien alors … vous perdez mécaniquement de l’argent avec l’effet du temps et de l’inflation.

Pour pallier à ce problème (et donc juste ne pas perdre d’argent), il est conseillé d’investir l’argent dont on n’a pas besoin dans un avenir proche (à l’exception de l’épargne de précaution, évidemment).

Et si vous me parlez du livret A, on rappelle que depuis février 2020, il rapporte 0,50% d’intérêt alors que l’inflation augmente de 1,5% par an.

Quant au PEL, si vous êtes peut-être un des derniers chanceux à avoir un PEL avec un taux d’intérêt qui tourne autour de 2,5%, mais aujourd’hui le PEL offre un rendement de 1%. Donc toujours sous l’inflation.

De plus, l’épargne du PEL est bloquée et l’intérêt principal de ce placement était de pouvoir bénéficier d’emprunt bancaire à des taux intéressants ce qui n’est aujourd’hui plus d’actualité, car les taux d’intérêt des emprunts bancaires sont déjà historiquement bas.

Bien que cela peut changer avec la crise actuelle du coronavirus que nous traversons.

Comprendre la magie des intérêts composés

Albert Einstein appelé ça « la plus grande force de l’univers » et avec raison.

C’est grâce à la magie composée que votre investissement mensuel va finir par se transformer en patrimoine financier important au fil du temps.

Avec les intérêts composés, les intérêts que vous percevez une année sont pris en compte dans le calcul de nouveaux intérêts l’année d’après et ainsi de suite.

Par exemple si nous prenons un placement initial de 10 000 € qui rapportent 7% d’intérêts par an, ce qui semble être un peu en dessous des performances moyennes observées, nous aurons :

Année 1 : 10700
Année 2 : 11449
Année 3 : 12250
Année 4 : 13107
Année 5 : 14025
Année 6 : 15007
Année 7 : 16057
Année 8 : 17181
Année 9 : 18384
Année 10 : 19671

Vous aurez doublé votre capital en ne faisant pour ainsi dire… rien.

Alors évidemment, l’investissement n’est pas un long fleuve tranquille, et il y a toujours un risque de perte de capital qu’il ne faut pas négliger.

C’est pour cette raison qu’il ne faut investir que l’argent dont nous n’avons pas besoin et à un horizon plutôt long terme. Surtout quand on voit la période d’incertitude que nous traversons.

Quels supports d’investissement privilégier ?

On recommande en général d’ouvrir une assurance-vie et un PEA (plan d’épargne action) ne serait-ce que pour « prendre date ».

En effet, ces deux types de placements offrent des avantages intéressants à partir de respectivement 8 et 5 ans de détention.

Donc même si vous n’investissez pas encore aujourd’hui, en les ouvrant vous faites tout de même tourner l’horloge pour bénéficier de ses avantages. Vous trouverez à cette adresse un récapitulatif de tout ce qu’il faut savoir sur le PEA.

Avec ces deux outils, vous aurez accès à toute une panoplie d’actifs financiers dans lesquels investir selon vos préférences (ETF, FCP, Sicav , SCPI, etc).

Mais ces outils ont des limites, ils ne vous permettent d’investir qu’en majorité dans des entreprises européennes (ou à grande composante européenne).

Si vous souhaitez investir dans des actions en direct aux États-Unis (style Tesla) il vous faudra plutôt vous diriger vers un compte titre (CTO), mais fiscalement moins intéressant.

Il faudra ensuite investir selon une stratégie qui correspond à votre profil en fonction des risques que vous voulez prendre ou tout simplement de vos préférences. En bref, répondre à la fameuse question : ” Dans quoi j’investis ? “

Mettre en place un virement régulier

Une fois que vos placements sont ouverts, ils ne restent plus qu’à programmer (ou à faire ça manuellement) un virement tous les mois (ou à la fréquence qui vous convient le mieux) et oublier cet argent pour qu’ils travaillent pour vous.

Encore une fois, vous devez investir uniquement de l’argent dont vous n’avez pas besoin dans un avenir proche. Si vous avez eu un coup dur et que vous avez eu à piocher dans votre épargne de précaution, vous devez avant tout renflouer cette épargne avant de continuer à investir.

Cette étape ne prend que quelques minutes par mois (voir encore moins si c’est automatisé) et vous verrez que d’ici quelques mois, mine de rien, vous commencerez à votre compte en banque grossir.

Bon sauf quand on se prend une crise, et que le portefeuille prend -30%, mais encore une fois l’idée c’est de voir le long terme.

Allez plus loin dans ses finances personnelles

Avec ces étapes mises en place, c’est déjà le premier pas de franchi, mais en réalité ce n’est que le commencement !

Si vous souhaitez améliorer vos finances personnelles et votre qualité de vie alors voici quelques pistes à explorer

Décupler ses revenus

Pourquoi ne pas essayer d’obtenir plusieurs sources de revenus ?

En investissant dans l’immobilier locatif par exemple ?

En effet en investissant correctement dans l’immobilier, vous pouvez générer des revenus supérieurs aux mensualités de l’emprunt.

Et si vous ne souhaitez pas investir dans la pierre, vous pouvez aussi vous orienter dans l’investissement en Bourse pour générer des dividendes.

Pourquoi ne pas non plus essayer de diversifier ses sources de revenus en effectuant des « side-projects » ?

Un blog, un compte Instagram ou encore un podcast, si vous arrivez à fédérer une audience vous trouverez probablement un service à leur proposer pour générer des revenus complémentaires.

Facturer plus pour travailler moins

Je sais bien que le sujet du pricing pour les Freelances est un sujet épineux. Mais pourquoi ne pas essayer de facturer plus pour au final travailler moins ?

Après tout le statut de micro entrepreneur permet de facturer jusqu’à 70 000 € pour du service pour des cotisations moindre (qu’en SASU). Si vous facturez suffisamment pour atteindre les 70 000 € en, par exemple, 8 mois de travail. Vous pourrez bénéficier de plus ou moins 4 mois de « vacances ».

Alors oui, je sais, ce n’est pas forcément facile, mais possible pour un freelance dont le TJM serait 450 €/jour. D’ailleurs Lise fournit quelques astuces à cette adresse.

Mais le point important à retenir c’est qu’il faut peut-être plus de cantonner à ses 70 000 € de revenus en microentreprise que de le dépasser et se retrouver en SASU ou EIRL avec des cotisations sociales beaucoup plus importantes. Quitte à dépasser la barre des 70 000 euros, autant la dépasser franchement.

En espérant que cet article vous a appris deux ou trois choses et vous a donné envie d’apprendre à maitriser vos finances personnelles.

Si vous êtes intéressés pour en apprendre avantages je vous invite à jeter un coup d’œil au site du Millénial Indépendant où on aborde entre autres, tous les sujets liés à l’argent et l’investissement.

Et « last but not least » je voudrais évidemment prendre le temps de remercier Lise qui m’a permis de m’exprimer sur son blog 😄

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